IRM « illégales », quelles conséquences pour les patients et le personnel des soins de santé ?

Le couperet est tombé début août. Dans le cadre des énormes restrictions budgétaires de la Ministre De Block, 14 hôpitaux ont reçu de l’INAMI des amendes importantes (13.5 millions€) et une sommation d’arrêter l’utilisation de certaines IRM non agréées. A Bruxelles, dans le réseau IRIS, le CHU Brugmann et l’hôpital d’Ixelles-Etterbeek sont concernés.

Le SECM, les gendarmes de l’INAMI, se défendent en expliquant : « Le SECM veut éviter que l’assurance de soins de santé intervienne pour des prestations non remboursables. Ainsi l’accessibilité, la durabilité et la sécurité de la santé publique belge sont garanties pour le patient ». Il nous semble clair que sous ce vocable, se cache une politique de restriction budgétaire dans les institutions de soins. Il est impossible de fournir des soins de qualité en diminuant les moyens de nos hôpitaux. Nous dénonçons avec force cette approche austéritaire qui accélère la dégradation de la qualité de nos soins et qui a pour conséquence une aggravation des conditions de travail du personnel.

De nombreux professionnels dénoncent d’ailleurs cette politique inconsciente de la ministre et de ses sbires. Il est de notoriété publique que la Belgique est confrontée depuis une quinzaine d’années à une large pénurie d’appareils IRM. En 2016, une série de machines avaient déjà dû arrêter de fonctionner. Il suffit de se rendre dans un hôpital afin d’obtenir un rendez-vous pour se voir répondre que le délai d’attente peut atteindre quelques semaines à plusieurs mois. Quelle indécence quand on sait que cet examen est peut-être le seul à même de détecter l’origine d’une douleur aigue chez un patient.

En termes de santé publique, il faut aussi rappeler que les IRM sont beaucoup moins nocives que les traditionnels scanners et que c’est une des raisons de l’explosion de demandes de ce type d’examens ces dernières années. Un pays civilisé et organisé aurait déjà depuis longtemps analysé les besoins de la population et aurait planifié progressivement l’installation d’IRM en remplacement des anciens scanners. Nos ministres ne semblent pas être concernés et sont à mille lieux des attentes de la population.

La CGSP pense :

  • Que ce type de mesures accentue la médecine à deux vitesses où les plus fragiles dans la société n’auront plus d’accès aux soins de qualité. Bien entendu, une personne avec des relations et/ou un gros portefeuille n’attendra pas deux mois pour son rendez-vous. Qu’en sera-t-il pour vous ?
  • Que la volonté affichée par les directions des hôpitaux de palier à cette situation en renforçant la pression sur le personnel est inacceptable (élargissement de la plage horaire des examens IRM). C’est en effet toujours aux travailleurs de terrain de subir les répercussions des politiques d’austérité. Nous rappelons que les travailleurs de nos institutions de soins sont déjà surmenés, victimes d’une hyper-flexibilité et en situation de sous-effectif récurrent. Cela suffit !

La CGSP déclare :

  • Qu’il est nécessaire de se mobiliser largement, syndicats, associations professionnelles, patients,… afin de contrer ces politiques qui auront des conséquences dramatiques pour les soins de santé de l’ensemble de la population.
  • Etre prête à se battre pour défendre notre modèle de sécurité sociale qui lui seul peut offrir des soins de qualité à tous sans aucune discrimination.
  • Qu’elle organisera des Assemblées Générales avec le personnel concerné par ces nouvelles mesures et fera le maximum pour empêcher une nouvelle aggravation de leurs conditions de travail.

Plus que jamais, organisez-vous, syndiquez-vous, rejoignez-nous !